Voyager sans bébé (Partie 1: AVANT)

Presque deux semaines avant mon voyage, mon excitation ne devrait pas pouvoir être contenue, car il s’agit du voyage tant attendu. Je rêve de ce plan depuis quatre ans; cette aventure entre amoureux où mon mari et moi profitons pleinement du soleil. J’avais cédé au grand mariage traditionnel pour réaliser ce périple, mais, en fin de compte, mon mari et moi avions décidé d’investir dans l’achat d’une maison. Une décision mature pour un futur plus prometteur. Qui dit maison, dit rénos… J’ai finalement vu mon rêve s’envoler sans moi!

L’été passé, nous avions fait notre premier grand voyage, une croisière en Europe, avec notre bébé qui était âgé de 13 mois. C’était une belle aventure, mais elle était épuisante! À notre retour, nous étions tellement fatigués que nous sentions que nous avions besoin de vacances après nos vacances. Les villes que nous avions visitées étaient toutes parsemées d’escaliers interminables et nous transportions un bébé, son sac et sa poussette, le tout accompagné d’une chaleur intense. C’était un workout continuel!

De retour à la maison, nous nous sommes promis de reprendre notre voyage de « noces ». Nous avons donc booké rapidement pour ne pas manquer l’offre exceptionnelle qui nous était présentée à ce moment. Aujourd’hui, je sens que nous avons fait ce geste égoïste sur un coup de tête. Je n’arrête pas de penser au fait que je vais laisser mon fils pendant une longue semaine sans ses DEUX parents. J’en fais même des cauchemars. Lorsque j’imagine qu’il me cherche sans me trouver et pense que je l’ai abandonné, mon estomac se noue et mon cœur se transforme en cendres… Il y a deux mois, j’ai appelé pour annuler tout ce plan, mais il était déjà trop tard. On ne nous rembourserait rien. Je suis donc prise par mon propre sort.

Dans mon rêve de jeune mariée, il n’y avait pas d’enfant déboussolé en background. Puisque ce rêve modifié est devenu réalité, j’ai bien sûr pris toutes mes précautions (testament et assurance vie). Certains vont trouver que j’exagère… Je préfère dire que je suis rationnelle. En cas de catastrophe (je sais qu’il ne faut pas penser comme ça, mais c’est une triste réalité probable), j’ai « assuré » le futur de mon fils du mieux que j’ai pu.

Ça y est, mes larmes viennent de tomber en écrivant ces phrases. Je sais que, durant ma semaine de voyage, il sera entre de bonnes mains avec sa tante exemplaire, que je ne remercierai jamais assez, mais je reste hantée par la peur d’une mauvaise tournure des événements, la peur qu’il m’arrive quelque chose et que mon fils ne me le pardonne pas…

Je crois que chaque femme, en devenant maman, tient automatiquement davantage à sa vie. Pas pour son propre plaisir, mais pour être là pour son enfant le plus longtemps possible. Elle réalise que personne au monde ne peut la remplacer elle, sa générosité sans limites et son amour inconditionnel.

Plusieurs me disent que je ne regretterai pas cette semaine de vacances. C’est peut-être vrai. Je dois avouer que lorsque je laisse mes angoisses de côté, je ressens parfois un sentiment qui s’oppose à celui de la culpabilité… Un sentiment d’urgence; j’ai hâte de me sentir libre de toutes mes responsabilités et d’avoir de vraies vacances. Je me dis qu’il faudrait que j’en profite au max parce que je n’aurai peut-être plus une telle occasion.

Peut-être qu’à mon retour je vous dirai que chaque mère devrait prendre off de son rôle de maman tant demandant, mais, pour le moment, mes craintes m’empêchent de voir le côté positif de cette aventure.

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