Histoires d’allaitement

Parce qu’il y’en a pas deux pareilles, nos collaboratrices partagent des parcelles de leurs récits pour la Journée Internationale de l’Allaitement.

Hebah

Cher Rayan, je n’aurais jamais pu imaginer à quel point l’allaitement allait être une expérience remplie de moments d’amour et de tendresse. Je remercie Dieu de m’avoir offert cette chance de t’allaiter aussi facilement et naturellement. Malgré des mamelons douloureux au début, j’ai chéri chaque instant où tu me regardais avec des grands yeux remplis d’amour et d’affection. J’ai adoré sentir tes petites mains caresser mon cou pendant qu’on partageait ces moments précieux. Ton torticolis a peut-être fait en sorte qu’on s’est habitués, toi et moi, à ne prendre qu’un seul sein, mais ce n’est pas grave, cette asymétrie est un petit sacrifice qui en a amplement valu la peine. Malgré les nombreux moments de fatigue, on a eu la chance de vivre cette expérience unique pendant 18 mois. Si ça serait à refaire, je n’y changerai rien, mon amour.

Jinane

Mon intérêt pour l’allaitement est aussi vieux que mon désir d’être mère. Pour moi, l’un n’allait pas sans l’autre. J’avais hâte d’offrir à mon enfant ce que Dieu a créé de plus impressionnant chez la femme : le lait maternel. Dès le moment où j’ai pris mon fils dans mes bras, le mettre au sein était ce qu’il y’avait de plus naturel et beau. J’avais une très bonne production de lait.
Mais, il y avait quelque chose d’anormal. Lorsque je le nourrissais, mon bébé s’énervait et des éruptions cutanées apparaissaient sur son visage. Il avait des intolérances alimentaires. Je m’entêtais à l’allaiter jusqu’à ses 6 mois au moins. Bébé ne prenait pas assez de poids et dormait mal. J’étais épuisée mentalement et physiquement par la diète que je devais faire. Le pédiatre m’a conseillé de commencer à lui donner du lait hypoallergène. Je crois qu’en y goutant, mon fils s’est enfin senti rassasié puisque très vite, il ne voulait plus rien savoir de mon lait. Il a été allaité presque 5 mois. Ça m’a brisé le cœur, mais j’ai fini par me consoler en me disant que je ne peux pas forcer les choses puisque al rizk 3ala Allah et qu’il avait eu nassibo (ce qui lui était destiné).

Nermine

Mon allaitement a commencé instantanément, à la seconde même où on a posé ma fille sur ma poitrine. Cette première tétée attendue depuis si longtemps avec beaucoup d’impatience, amour, émotions, angoisse et sans trop savoir comment m’y prendre. Mais la nature et ce miracle de Dieu, savait déjà quoi faire d’elle-même et ce dès la première tétée. L’allaitement en soit est un miracle à mon avis. Ceci a tissé un lien, une union et une relation si forte et a jamais entre nous deux. Malgré les douleurs de temps à autres, malgré la fatigue et parfois le découragement par manque de lait, j’ai insisté à allaiter ma fille pour deux belles longues années avec tout l’amour et l’affection d’une mère. Un geste qui a continué à nous rapprocher l’une de l’autre, mère et fille, et qui l’a gardée en santé.

Aujourd’hui, l’allaitement (qui me manque énormément) est peut-être fini, mais la poitrine de maman sera toujours là pour réconforter ma cocotte.

Imene
L’allaitement, le choc de mon post-partum. Rien de léché, de beau, de doux! J’avais lu sur le sujet, fait une formation avec une Doula, écouté attentivement mes amies m’en parler et pourtant… Un bus m’est rentré dedans. J’ai vécu des choses, des mots qui n’étaient pas dans mes notes surlignées en jaune ! Deux montées laiteuses douloureuses, engorgement, freins de langue, frénoctomie, vasospasme, protéine bovine, allergies, diète sans produits laitiers, sans-gluten, sans œufs! Avec beaucoup d’aide, je m’y suis accrochée pour ne pas dire acharnée à continuer. Au final, 20 mois d’allaitement,  20 mois de bonheur pour mon fils … pour moi le bonheur que ce soit derrière moi !

Bayan
Petite fille jouant avec sa poupée,

Donnant son sein,

Elle faisait comme sa maman.

Puis vint un jour,

Où c’était son tour,

Prise entre la joie et les tourments,

Elle allait tenter pour la première fois.

Ce ne fût pas aussi simple que la poupée,

Entre crevasses, douleurs et tendresses,

La persévérance a gagné.

Ma petite poupée a aujourd’hui 2 ans et demi,

Toujours allaité.

Autour des critiques, des questionnements et des surprises,

L’allaitement a été pour moi une façon de donner une partie de moi à mon fils, de vivre des moments de tendresse, de réconforter et de surtout, de tomber endormie comme la petite fille qui jouait avec sa poupée.

Takwa

Ce que j’ai envie de partager de mon histoire d’allaitement, c’est un 24 heures bien précis, après la naissance de ma deuxième. Dans ma tête, l’allaitement était dans la poche. Après tout, j’avais allaité ma première deux ans et j’étais marraine d’allaitement. Et pourtant, ma petite perdait du poids… Pas de montée de lait, des douleurs atroces, bébé qui ne boit pas assez… On commence à m’indiquer qu’il faut vraiment qu’elle prenne du poids dans les prochaines 24 heures, sinon il faudrait envisager “d’autres options”.

“Mais ça se peut pas!” je répétais ces mots, face à ce qui m’apparaissait un cauchemar. Mais oui ça se peut! Chaque histoire d’allaitement est différente! À cet instant précis, j’ai réalisé à quel point l’allaitement était important pour moi, à quel point je voulais l’offrir à ma deuxième et m’offrir à moi-même ces moments de la plus pure intimité. Je remercie la conseillère en lactation de l’hôpital St-Mary’s qui a séché mes larmes et assuré que j’allais y arriver. Et hamdoullah, j’y suis arrivée.

Nada

Je n’ai allaité mon aînée que pendant deux mois et j’avais haï chaque seconde. Je me sentais dépossédée de mon corps et je traversais une période très difficile émotionnellement. J’en avais donc conclu que l’allaitement, ce n’était pas fait pour moi.

Lorsque je suis tombée enceinte de ma cadette, l’idée de l’allaiter m’est venue tout naturellement : pourquoi ne pas réessayer, mais cette fois-ci, sans pression, sans attentes. Les six premières semaines ont été infernales et une chance que ma belle-sœur (qui a accouché la même journée que moi) était présente durant les petites heures de la nuit. Ensemble, on s’encourageait et on ne laissait pas l’autre tomber. Au final, Elina a été allaitée pendant 10 mois et j’en suis vraiment fière. J’ai enfin ressenti ce lien si fort qu’une maman a avec son bébé allaité. Mais attention, mon lien est aussi fort avec ma Lilyann, juste différent.

Jacinthe

L’allaitement, a été le moment le plus beau, mais aussi le plus épuisant de mon rôle de maman. Mon fils aîné m’a fait découvrir ce lien tendre du maternage, à la dure. 60 minutes top chrono entre chaque boire, jour et nuit, pendant 15 mois.

Heureusement je n’ai jamais eu de douleur ou de crevasses, il était un champion de la tétée. J’ai eu du répit quelques temps après, puisque j’étais enceinte de son frère, le goût du lait a dû changer. Il buvait 2 fois par jour.

À ses 19 mois, son frère est né. Ce bébé dormait tout le temps, heureusement que mon grand vidait les restes, puisque j’aurais fait mastites par-dessus mastites!

Tous deux ont pris le sein un minimum de 2 ans. Chacun buvait à son rythme. Malgré la fatigue que j’ai pu avoir, les meilleurs souvenirs que je garde sont leurs regards et leurs petits sourires pleins de lait avec le sein encore dans la bouche.

Soumaya

Avant d’avoir des enfants, pour moi l’allaitement était un acte qui venait naturellement, comme un “front page” de magazine sur la parentalité.
J’ai frappé un mur avec ma première fille que j’ai réussi à allaiter seulement 4 mois.  J’ai vécu avec beaucoup de culpabilité depuis et je tenais à réussir mon allaitement avec ma deuxième. Avec le recul, je sais que pour réussir l’allaitement, une multitude de facteurs doivent s’aligner. Voici ce que j’ai retenu.

1- Ça fait mal en titi les premiers temps. Quand je fais une grimace ou que mon visage change de couleur quand je mets bébé au sein, je ne suis pas en train d’exagérer pour attirer l’attention. Neunon! Je suis en train de camoufler 99.9% de ma douleur pour ne pas effrayer bébé.

2- J’accepte que mon corps ne m’appartienne plus pendant quelques mois pour le bien de mon enfant. Ce n’est pas toutes les femmes qui aiment allaiter. C’est un fait, point.

3- Accepter les deux points précédents pour qu’un jour, je ne le regrette pas, pour que je me dise que j’ai donné ce qui est de mieux à mon bébé.

Sur ce, ma deuxième fille vient d’avoir 4 mois et demi, j’allaite encore. Je trouve ça de plus en plus facile, j’aime de mieux en mieux ça et j’en suis si fière.

Noura

Je suis fière du chemin que nous avons parcouru ensemble toi et moi; cela fait maintenant seize mois que tu es allaitée et l’aventure continue. Je t’avouerais néanmoins que nous avons eu un début difficile. Durant les premiers mois, certains des moments où tu me réclamais me paraissaient interminables, lourds et épuisants. J’en suis même venue à les appréhender. Mais jour après jour, ces instants sont devenus des moments de pur bonheur, des minutes précieuses volées au temps, où plus rien d’autre n’avait d’importance. L’allaitement a aussi contribué à forger ta personnalité. Du haut de tes seize mois, tu rayonnes de bonheur, de joie de vivre et de confiance en toi. Tu n’as pas peur de t’éloigner, d’explorer le monde. Tu sais avec certitude que lorsque nous serons ensemble, tu pourras te blottir contre moi inconditionnellement, et te connecter à une source délectable d’amour à l’état liquide. Ma fille, je t’allaiterai tant et aussi longtemps que tu en auras besoin, que ce soit pour calmer ta faim, étancher ta soif, sécher tes pleurs, te réconforter, te sécuriser ou tout simplement pour te materner.

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