Savoir s’entourer : de l’importance des centres communautaires

Recommencer à neuf n’est pas facile, dans un autre pays ou une autre ville.

Ma famille est à 3h de route, ma belle-famille en France. Autant lorsque nous n’étions que deux, c’était parfait la liberté, autant qu’avec des enfants ce n’est pas facile. Oui, on demande aux amis de l’aide, on se crée un autre réseau, on fréquente d’autres mamans en congé de maternité, on se fait des nouveaux amis. Mais lorsque le congé finit, que les amis retournent au travail et pas nous, on a pas nécessairement le goût de recommencer à zéro. Tout changement est difficile mais avec des enfants on dirait que c’est pire, car eux ont besoin de routine, surtout dans les grands bouleversements…

En février dernier j’ai fermé ma garderie en milieu familial après avoir appris que je n’étais pas immunisée contre la cinquième maladie, enceinte de bébé numéro 3. Mes deux cocos se sont retrouvés à passer, du jour au lendemain, de 50h/semaine avec des amis à…. juste eux deux. Après quelques semaines à profiter d’avoir leur maman, leur maison et leurs jouets juste à eux, ils ont commencé à trouver le temps long. Une amie, maman à la maison, m’a parlé d’un organisme de ressources familiales (Refavie)où elle allait avec ses enfants à des ateliers de jeux. Au début réticente, j’ai fini par aller aux Déjeuner jeudi soleil, un déjeuner communautaire et LE moment pour venir visiter, poser des questions et rencontrer les membres et les intervenantes. Je me suis donc inscrite avec les grands aux Jouons Ensemble, du mardi. Plein de petits jeux, des activités d’éveil sensoriels, animés par une intervenante, suivi d’un moment où les enfants vont avec Marie, l’éducatrice, à la halte-garderie, pendant que les mamans jasent ensemble, exposent leur petits ennuis, s’échangent des conseils et des trucs.

Des activités s’organisent, sortie à la piscine, cueillette de pommes ou de courge, des cuisines collectives, un service de répit, des ateliers de portage, de cuisine végé, de fabrication de produits maisons, les déjeuners communautaires où des partenaires viennent parler de leur ressources, un service de friperie.

Chaque ville devrait avoir un service comme celui-là. Après la naissance de ma troisième, nous avons pris une petite pause, puis papa, en congé, à voulu voir ce que c’était, Refavie. Il est venu à une sortie aux pommes et deux déjeuners du jeudi. Il s’est même inscrit à la soirée de cuisine collective et viendra avec nous à la fête d’Halloween.

Ce matin au déjeuner, après une nuit mouvementée avec la mini de 5 semaines, alors que papa était au travail, les amies au travail et la famille au loin, ça faisait du bien de voir d’autres adultes, d’avoir quelqu’un qui jetait un coup d’oeil aux enfants en train de jouer dans la halte-garderie, pleins de bras prêt à bercer la mini pendant que je buvais mon café chaud et que je profitais d’un moment seule, même si les trois étaient en avant de moi. Juste de savoir que quelqu’un avait pris le relais pour me laisser souffler un peu, parler avec les autres membres, rire à une blague.

Pour les mamans en congé de maternité, les mamans nouvelles arrivantes en ville qui n’ont pas de réseau, les mamans à la maison, renseignez-vous s’il existe des organismes de vie communautaire dans votre ville. Pour vos enfants, qui créent des liens avec d’autres adultes, d’autres enfants, qui vivent de belles expériences. Pour vous, qui avez besoin de côtoyer d’autres adultes, d’avoir un petit moment les bras vides pour boire un café chaud. De parler d’autre chose que de la Pat Patrouille ou de vous battre avec les enfants pour leur faire manger leur assiette.

Pour les mamans de Québec, secteur Beauport et environs, si jamais vous voulez venir visiter Re-fa-vie (Ressources Familiales de la Vieille Caserne de Montmorency), regardez sur leur page l’horaire des déjeuners jeudi-soleil. Venez faire la connaissance de Marie-Eve, de Marie, d’Alain, d’Anne et de tous les membres. Venez jaser de votre réalité familiale autour d’un café chaud, avec une oreille attentive et des bras prêt a bercer votre bébé ou surveiller votre coco qui joue tranquillement.

Ce matin, cernée, fatiguée, j’appréciais vraiment de ne pas être seule chez moi avec mes trois cocos, je regardais Marie-Eve, Marie et Sacha se disputer pour bercer ma cocote et je me disais que j’avais de la chance. Malgré ma réticence au changement, j’ai réussi à sortir de ma zone de confort et à trouver un soutien. Mes deux entrent à Refavie et c’est comme s’ils étaient à la maison tellement ils connaissent l’endroit.

Avez-vous une ressource de type familiale près de chez vous ? L’utilisez vous ?

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